Compost dans les résidences boulonnaises

Un composteur en bas d’un immeuble, dans Boulogne-Billancourt, c’est simple, utile et ça fonctionne bien.

Merci à Pierre Tripier, Sociologue boulonnais, Trésorier d’AEBB, de relater cette expérience vécue dans sa vaste résidence.

Composteurs
composteurs square du Pont de Sèvres

Lors d’une enquête faite pour le compte d’Environnement 92, entre 2012 et 2014,  dans les 36 villes des Hauts de Seine sur leurs pratiques de développement durable, lorsque l’on me parlait de compostage, souvent encouragé par des communautés de commune, je posais la question du compostage en bas des immeubles. Un compostage pour traiter les déchets végétaux domestiques et ainsi diminuer le poids des déchets incinérés. On me répondait que ce serait une étape future, que le temps n’était pas encore venu, mais qu’on y songeait, qu’il fallait se contenter de composter les branches et les gazons, le domestique suivrait, un jour.

Ma surprise fut grande lorsque j’appris, le 10 Avril dernier, qu’un composteur fonctionnait depuis quelque temps  au pied d’un ensemble d’immeubles boulonnais, au Square du Pont de Sèvres.

Le Square du Pont de Sèvres est composé d’un immeuble de quatre étages et de trois barres de trois cages d’escalier et dix étages chacune, situés vers le N° 100 de la rue de Sèvres à Boulogne. Ces habitations se déploient sur un terrain de 2232 m2. Terrain dont l’usage a varié depuis son inauguration en 1954, quand il était destiné à indemniser les boulonnais victimes des bombardements de la seconde guerre mondiale. Mais terrain dont l’assemblée des copropriétaires a décidé, en Juillet 2014 d’en faire en partie une prairie. En harmonie  avec la présence sur son sol de  deux arbres remarquables, et de confier son entretien à l’entreprise «  Horizons Fleuris  », une TPE créée par un ingénieur à 1/5ème de son temps, Mathieu Baig  et son frère paysagiste.

Devant la nécessité imposée par la loi, de transformer l’herbe et les branchages coupés en déchets verts et, en l’occurrence les emmener à la déchetterie « verte » de Meudon ou prendre environ 4 m2 du terrain du square pour y installer un composteur, le conseil syndical a vite tranché en faveur  de cette solution. Notamment quand le paysagiste expliqua que le produit du compost permettrait d’amender la terre du square, que plusieurs générations de semis toujours semblables avait fini par appauvrir considérablement.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le système du compost consiste à mettre les déchets végétaux et les coquilles d’œuf dans des locaux fermés mais oxygénés. La dégradation de  ces végétaux, sous l’action simultanée de l’eau et l’oxygène, fait naître et prospérer des micro-organismes dont l’action va être dans un premier temps de faire monter la température des végétaux en décomposition jusqu’à 70 degrés centigrades. Puis, en même temps que l’action des micro-organismes fait baisser le niveau de ce qui se trouve dans le composteur, la température baisse. On dit alors que le compost est parvenu à maturation. Il peut alors être tamisé et utilisé pour apporter aux platebandes, arbres fruitiers, potagers, etc., les éléments organiques dont leur terre a besoin. Non seulement donc le compostage en bas d’immeuble diminue les déchets incinérés mais on peut également, dans chaque jardin, suivre les directives européennes d’interdiction   de l’utilisation, en ville, de produits phytosanitaires dans les espaces verts.

Faut-il ajouter que GPSO (maintenant  Etablissement Public Territorial de la Métropole du Grand Paris T 3) installe, à qui fait la demande, un composteur et les services ou conseils d’un maître composteur ? Boulogne et le Square du Pont de Sèvres donnent l’exemple : un compostage en bas d’immeuble est possible si la copropriété le veut.  Les habitants achètent une petite poubelle supplémentaire et alimentent très  volontiers de quoi amender la terre des futures fleurs, feuilles, légumes  et fruits de leur jardin.

Ci-dessus les  photographies des composteurs, du Square du Pont de Sèvres et de Mathieu Baig..